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StopCovid, l’application qui va tracer les malades du Covid-19 en France

Le gouvernement français vient d’annoncer le lancement du projet « Stopcovid », une application smartphone qui va permettre de pister les personnes ayant été infectées par le coronavirus Covid-19.
La France a confirmé mercredi travailler sur un projet d’application pour smartphone qui permettrait de prévenir les personnes ayant été en contact avec un malade testé positif au coronavirus, assurant que son installation serait volontaire et ne permettrait pas la géolocalisation.
« Le gouvernement a décidé de lancer le projet StopCovid afin de développer une application qui pourrait limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission », indique le secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O dans un entretien accordé avec le ministre de la Santé Olivier Véran au Monde.

« L’idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même, et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner », explique-t-il.

« Le principe serait simple : l’application est installée volontairement ; lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique », ajoutent-ils. « Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique. »
A l’heure actuelle, « aucune décision n’est prise » et cela dépendra de « si les scientifiques nous disent que cela peut nous aider à lutter contre la propagation de l’épidémie », prévient de son coté Olivier Véran.
L’Elysée avait ouvert la porte à l’utilisation du numérique pour lutter contre le coronavirus – qui a fait plus de 10.000 morts en France selon le dernier bilan – en annonçant la mise en place d’un comité qui serait chargé de conseiller Emmanuel Macron notamment sur les pratiques de « backtracking ».
Lors d’une audition devant des députés, le Premier ministre Edouard Philippe avait précisé le 1er avril dernier que tout traçage numérique se ferait sur la base du volontariat, une manière de rassurer les défenseurs des libertés individuelles qui ont multiplié les mises en garde.

« DÉSINSTALLÉ À TOUT MOMENT »

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, plusieurs pays ont franchi le pas à l’image de la Russie, d’Israël ou encore de la Corée du Sud qui ont misé sur le traçage numérique, utilisant dans certains cas les données de géolocalisation au grand dam de leurs détracteurs qui ont dénoncé une atteinte aux libertés.
Signe de la sensibilité du sujet, un document de la Commission européenne vu par Reuters et portant sur une approche paneuropéenne prévoit la destruction des données personnelles dès lors que l’épidémie de coronavirus sera sous contrôle.
« L’application ne géolocalisera pas les personnes. Elle retracera l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée », insiste Cédric O dans les colonnes du Monde. « Les données seraient anonymes et effacées au bout d’une période donnée. Personne n’aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui ».
Par ailleurs, « notre hypothèse est celle d’un outil installé volontairement, et qui pourrait être désinstallé à tout moment », ajoute-t-il.
L’importance du consentement des utilisateurs avait été mise en avant fin mars par la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (Cnil) « dans les cas où un suivi individuel serait nécessaire ».

« Si la France souhaitait prévoir des modalités de suivi non anonymes plus poussées, le cas échéant sans le consentement préalable de l’ensemble des personnes concernées, une intervention législative s’imposerait », avait-elle prévenu dans une note interne.

Selon deux sources parlementaires ayant assisté à l’audition de responsables de la Cnil mercredi matin devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, l’instance dirigée par Marie-Laure Denis a réitéré ses mises en garde tout en jugeant envisageable un dispositif de suivi non généralisé, temporaire, proportionné, assorti de « fortes garanties. »

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