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Printemps et confinement, la difficile équation du gouvernement

L’effort des Parisiens pour rester confinés à domicile est deux fois moins important durant ce confinement que lors de celui du printemps dernier, montrent des données sur la mobilité, qui accréditent la thèse de ceux des scientifiques qui jugent insuffisantes les mesures en vigueur.

Selon des données anonymisées de Google, compilées par Reuters, le temps passé à domicile à Paris a augmenté de 16% dans les derniers jours par rapport à une situation d’avant-crise, contre 35% lors du premier confinement, ou encore 20% lors du deuxième confinement de l’automne 2020.

Jusque-là, rien d’étonnant, puisque les mesures imposées dans les 19 départements les plus touchés par l’épidémie, notamment en Île-de-France, sont plus souples que celles mises en place en mars et novembre 2020. Il est notamment possible de se déplacer dans un rayon de 10 kilomètres et de se réunir à l’extérieur dans une limite de six personnes.

Mais ces données soulignent la difficile équation pour Emmanuel Macron qui invite les Français à restreindre leurs déplacements sans non plus le leur interdire, alors que le système hospitalier est sous forte tension.

Selon une source gouvernementale, le chef de l’Etat décidera mercredi s’il maintient sa ligne de conduite ou s’il opte pour un confinement plus strict.

« Il faut limiter la circulation du virus, on n’y arrive pas avec ces mesures, qui sont des demi-mesures », estime Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon (AP-HP), à Paris.

En Île-de-France, le nombre de patients en réanimation a dépassé les 1.480 lundi. L’Agence régionale de santé (ARS) s’est donné pour objectif d’armer 2.200 lits de réanimations pour des patients Covid, ce qui signifie un taux de déprogrammation de 80% et des pertes de chances pour d’autres malades, dit Gilles Pialoux. Mais la vague pourrait être bien plus importante.

CRAINTE DU TRI DE PATIENTS

Selon des projections de l’AP-HP que Reuters a pu consulter, si un confinement strict était imposé le 1er avril dans la région, le nombre de personnes en réanimation atteindrait 3.470 le 22 avril. Si un confinement était imposé une semaine plus tard, ce nombre monterait à 4.470. L’année dernière, le nombre de patients en réanimation était monté à 2.668 en avril.

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, 41 chefs de cellules de crises des hôpitaux de la région ont dit se préparer à devoir trier des patients.

Contrairement à ses voisins européens qui ont fait le choix de confiner de façon plus stricte parfois dès décembre, la France a retardé le plus possible la mise en place de mesures de restriction afin de protéger l’économie et le moral des Français, misant sur le déploiement de la campagne vaccinale.

Un confinement strict signifierait la fermeture des écoles, ce à quoi l’exécutif ne se résoudrait qu’en dernier recours, en raison du risque de décrochage de certains élèves.

Aucune décision n’a été prise, précise-t-on dans l’entourage du président de la République. Une source gouvernementale fait valoir que la situation n’est pas forcément aussi dramatique que ne le laissent penser les médecins de l’AP-HP et ajoute que l’on n’en est pas à la veille d’effectuer un tri parmi les patients.

Au sein du cabinet du Premier ministre, on précise que le gouvernement regarde « attentivement » la tendance qui se dégagera dans les prochaines heures et prochains jours.

FOULE SUR LES QUAIS

Dimanche après-midi, première belle journée de printemps, les quais de Seine sont pleins à craquer. Une patrouille de quatre policiers se faufile à travers la foule pour commencer les contrôles. L’opération s’avère très tranquille.

Les policiers demandent à certains de s’écarter pour respecter davantage les distances. Il ne semble pas y avoir de consigne systématique pour vérifier si les passants résident à moins de 10 kilomètres.

Côté syndicat, on remet en question les capacités de contrôles des forces de l’ordre dans la situation actuelle. Avec le maintien de la circulation des personnes, les méfaits continuent et les contrôles s’ajoutent donc aux missions quotidiennes, explique Grégory Joron, secrétaire général délégué SGP Police FO.

« C’est difficile d’être sur tous les fronts », dit-il, en précisant que dans certains départements, comme l’Essonne, où l’on retrouve des problématiques de trafic de stupéfiants, les contrôles sont relayés au second plan.

Pour Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police CFDT, il aurait été plus judicieux pour le gouvernement de mettre en place un confinement strict, comme en mars 2020. Il s’était accompagné d’une baisse du nombre de délits, avait limité grandement le nombre de personnes dans les rues et facilité, de fait, les opérations.

Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, estime pour sa part qu’un confinement strict est encore évitable si l’on applique les mesures de novembre dernier et que l’on organise un dépistage massif.

« En France, on a choisi de vivre avec le virus. Eh bien vous ne pouvez pas vivre avec un virus, parce que quand vous vivez avec un virus, c’est le virus qui gagne », a-t-il dit.

(Avec Antony Paone, Elizabeth Pineau et Michel Rose)

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