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Bernard Tapie, le démon de la réussite et des affaires

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Self-made man, milliardaire à la gouaille inépuisable, investisseur invétéré, comédien à ses heures, héros pour les uns et bateleur pour les autres, Bernard Tapie a mené une multitude d’existences successives, souvent tourmentées par les affaires judiciaires.

L’ex-ministre et ex-patron de football, mort dimanche d’un cancer à l’âge de 78 ans, a vécu ses dernières années au rythme des rebondissements de procédure dans le feuilleton de la vente d’Adidas par une filiale Crédit lyonnais.

A son apogée, Bernard Tapie et sa mâchoire conquérante furent aussi un symbole des années 1980, les « années fric » marquées par le culte de la réussite et le mythe de l’entrepreneur triomphant.

Son maître-mot : « gagner ».

Fils d’un plombier, le futur « Nanard » – le surnom que lui donneront les Guignols de l’info – a été élevé dans le béton de la banlieue parisienne.

Il s’est essayé à la chanson « pop » mais sa véritable percée commence dans les affaires, au cours des années 1970.

Alliant le talent de la finance au sens de la gestion et à la persuasion, il rachète des sociétés en difficulté, rembourse une partie de leurs dettes, les « dégraisse » et les revend en réalisant au passage une plus-value.

Son grand coup d’éclat sera, en 1990, la prise de contrôle du groupe allemand d’équipements sportifs Adidas.

Ses succès sportifs feront encore plus pour son image. L’équipe cycliste professionnelle qu’il monte autour de Bernard Hinault s’adjuge le Tour de France en 1985.

VIRULENCE RARE

L’Olympique de Marseille, endetté et découragé, languit à la 17e place du championnat de France de football lorsque Bernard Tapie en prend la direction, en 1986.

Cinq ans plus tard, constellé de vedettes acquises à coups de millions, l’OM remporte la Ligue des champions – une performance qu’aucun autre club français n’a réalisée à ce jour et qui vaut encore à Bernard Tapie une aura particulière chez les supporters marseillais.

C’est à Marseille aussi qu’il se fait élire député pour la première fois en 1989 sous le patronage de François Mitterrand.

Personnalité d’ouverture au sein d’une gauche si étrangère en apparence aux valeurs qu’il représente, il effectue deux passages au ministère de la Ville, en 1992-1993, avec un intermède dû à une mise en examen pour abus de biens sociaux.

Il conduit aussi la liste du Mouvement des radicaux de gauche (MRG) avec un certain succès puisqu’il obtient 12% des voix et emmène avec lui au Parlement européen des personnalités comme Noël Mamère et Christiane Taubira.

Au-delà de ces mandats, le haut fait de son incursion en politique reste un débat d’une virulence rare face à Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, sur le plateau de TF1, en 1989.

« CETTE CHOSE, IL FAUT LA DÉTRUIRE »

Vient ensuite le Bernard Tapie acteur, qui joue au cinéma chez Claude Lelouch mais aussi à la télévision et au théâtre.

Mais aux réussites succèdent les revers de fortune à partir des années 1990.

L’ex-entrepreneur star est plusieurs fois condamné à de la prison ferme, notamment dans l’affaire VA-OM, qui doit son nom à un match arrangé entre Valenciennes et Marseille en 1993, et dans celle dite du Phocéa, un dossier de fraude fiscale portant le nom de son luxueux quatre-mâts.

La vente d’Adidas à un groupe d’investisseurs, en 1993, marque le début d’une affaire aux multiples ramifications qui s’étale sur un quart de siècle.

S’estimant floué par la filiale du Crédit Lyonnais qu’il a chargée de réaliser la vente, Bernard Tapie engage une bataille de procédures et obtient gain de cause, ainsi que le versement de 404 millions d’euros, devant un tribunal arbitral en 2008.

Mais cet arbitrage finira par être cassé et l’homme d’affaires condamné, en 2015, à rembourser ces sommes.

« J’ai été le symbole de quelque chose, et maintenant cette chose, il faut la détruire », disait-il dans une interview au Monde, en 2015.

A ces déboires judiciaires, s’est ajouté le combat contre un cancer de l’estomac rendu public en 2017.

Le procès en appel dans le dossier Adidas/Crédit Lyonnais, interrompu en octobre dernier en raison de l’état de santé de Bernard Tapie, avait redémarré début mai. Mais affaibli, l’homme d’affaires avait renoncé à y assister.

La cour d’appel de Paris avait mis sa décision en délibéré au 6 octobre.

(Simon Carraud, avec Gilles Guillaume)

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