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L’Europe finit dans le rouge, les craintes sur l’inflation de retour

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, affectées par un regain d’inquiétudes sur l’inflation, les taux d’intérêt et les perspectives économiques, tandis qu’à Wall Street la tendance est repassée au vert à la mi-séance après les dernières déclarations du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) devant le Sénat.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,81% à 5.916,63 points. Le Footsie britannique a cédé 0,82% et le Dax allemand 1,11%.

L’indice EuroStoxx 50 a reflué de 0,77%, le FTSEurofirst 300 de 0,69% et le Stoxx 600 de 0,66%.

Les marchés d’actions, qui évoluaient tous dans le rouge jusqu’à la mi-journée, ont réduit leurs pertes en clôture en Europe et sont repassés en territoire positif à Wall Street après l’intervention de Jerome Powell.

Si le président de la Fed a réitéré que la banque centrale américaine était « fortement déterminée » à faire reculer l’inflation, il a toutefois précisé que le rythme des prochaines hausses de taux continuerait de dépendre des indicateurs et de l’évolution des perspectives économiques. Il a en outre ajouté que certains signes pointaient vers un ralentissement de la croissance des salaires et qu’il ne serait peut-être pas nécessaire de déclencher une récession.

« Il n’y a pas cet engagement selon lequel ‘nous ferons tout ce qu’il faudra’ qu’on pouvait attendre et qui aurait ouvert la voie à des hausses de taux vraiment aggressives pouvant entraîner une baisse rapide de la production », a commenté Thomas Simons, économiste chez Jefferies.

Les dernières déclarations de Jerome Powell n’ont cependant pas suffi pour permettre aux indices en Europe de repasser dans le vert alors que la Banque de France a abaissé mardi soir sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) du pays pour cette année à 2,3% contre +3,4% précédemment et remonté parallèlement celle de l’inflation pour 2023 à 3,4% contre 1,9% précédemment.

En Grande-Bretagne, où la Banque d’Angleterre a porté la semaine dernière son taux directeur à 1,25%, l’inflation a atteint en mai 9,1% en rythme annuel, au plus haut depuis 40 ans, selon les statistiques publiées mercredi, ce qui pourrait conduire la banque centrale à accélérer son resserrement monétaire.

VALEURS

En Europe, le regain d’aversion au risque a pesé essentiellement sur les compartiments de l’énergie (-3,35%), les ressources de base (-4,99%), la chimie (-1,97%) et l’automobile (-1,86%), qui ont accusé les plus fortes baisses.

Renault et Stellantis ont perdu respectivement 0,17% et 1,64% tandis que TotalEnergies, BP et Shell ont reflué de 2,8% à 3,48% dans le sillage de la chute des cours du pétrole.

ArcelorMittal et Thyssenkrup ont plongé respectivement de 9,66% et de 7,98% alors que le compartiment des matières premières a été affecté par la baisse des cours du nickel, de l’étain et de l’aluminium, dans la crainte d’une baisse de la demande sur fond d’anticipaation d’une récession. ArcelorMittal a en outre été pénalisé par l’abaissement de recommandation de JPMorgan à « neutre » sur la valeur, tandis que le Tribunal de l’Union européenne a confirmé mercredi le veto de la Commission européenne au projet de fusion de Thyssenkrupp et Tata Steel.

Dans l’actualité des entreprises, BASF a abandonné 5,81%, le groupe chimiste allemand redoutant un probable ralentissement de l’activité au second semestre, tandis que Crédit Agricole a perdu 1,62% après l’annonce d’une politique de dividende inchangée.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avance de 0,32%, le Standard & Poor’s 500 de 0,46% et le Nasdaq de 0,46%, soutenus par les propos du président de la Fed.

Les valeurs pétrolières reculent cependant avec la baisse des cours du brut, Chevron et ExxonMobil perdant respectivement 3,18% et 2,45%.

Les grandes banques de Wall Street sont désormais à l’équilibre après avoir reflué avec le net repli des rendements obligataires, tandis que côté hausse, le fabricant de cosmétiques Revlon, placé sous la protection de la loi sur les faillites, s’envole de 38% après avoir chuté de 75% la semaine dernière.

TAUX

Le regain d’aversion au risque a pesé sur les rendements obligataires: celui du Bund allemand à dix ans a abandonné jusqu’à 16 points de base, sa plus forte baisse en une séance depuis le 1er mars, avant de réduire ses pertes en clôture à 1,624% (-14 points), soit un creux d’une semaine.

Il a touché jeudi dernier un plus haut depuis janvier 2014 à 1,926%.

Le rendement de l’OAT française de même échéance a cédé mercredi environ 16 points à 2,163%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans fléchit de plus de 15 points à 3,1524% après les déclarations du président de la Fed.

CHANGES

Le dollar recule de 0,47% face à un panier de devises de référence en réaction aux propos de Jerome Powell.

Le yen, qui a retrouvé un peu de couleur mercredi (+0,5%), évolue toujours cependant à un creux de 24 ans contre le billet vert, reflet des divergences de politique monétaire aux Etats-Unis et au Japon.

L’euro, en hausse de 0,64%, se traite à 1,0595 dollar.

PÉTROLE

Les cours pétroliers sont affectés par le projet du président américain Joe Biden de suspendre pour trois mois la taxe fédérale sur les carburants automobiles afin de limiter l’envolée des prix à la pompe, selon une source au sein de l’administration.

Le baril de Brent reflue de 3,02% à 111,19 dollars et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 3,48% à 105,71 dollars, les deux références du pétrole ayant touché en séance un creux respectivement depuis le 19 mai et le 11 mai.

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Bertrand Boucey)

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