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Les Bourses européennes terminent en baisse

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse, tandis qu’à Wall Street les indices évoluaient dans le désordre à mi-séance, les marchés d’actions étant affectés par l’inflation qui commence à peser sur la consommation au risque de faire dérailler la croissance économique et rogner les marges des entreprises.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 1,26% à 6.272,71 points. Le Footsie britannique a abandonné 1,96% et le Dax allemand 0,9%.

L’indice EuroStoxx 50 a reflué de 1,56%, le FTSEurofirst 300 de 1,53% et le Stoxx 600 de 1,46%.

Après Amazon et Walmart, aux Etats-Unis, et Tesco et Sainsbury, en Europe, le groupe américain de grande distribution Target a indiqué mercredi faire face à une hausse des prix, ce qui a amputé de moitié son bénéfice trimestriel, nourrissant les craintes d’une contraction de la consommation et la perspective d’une récession alors que l’inflation évolue à des niveaux records.

Goldman Sachs, qui prédit une poursuite de la baisse des marchés boursiers américains, évalue à 35% le risque d’une récession dans les deux ans aux Etats-Unis et Morgan Stanley à 25% une telle probabilité dans les 12 mois.

Pour la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, il faut se préparer à combattre de multiples phases de tensions inflationnistes, car il devient de plus en plus difficile pour les banques centrales de faire baisser l’inflation sans provoquer des récessions.

Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, a déclaré jeudi lors d’une réunion du G7 à Bonn que l’organisation était consciente que l’inflation représentait l’un des plus grands risques pour l’économie mondiale.

Le compte rendu des débats de la réunion d’avril de la Banque centrale européenne (BCE), publié jeudi, montre que les dirigeants de l’institution plaident pour une action rapide contre l’inflation.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 1,04%, le Standard & Poor’s 500 de 0,54%, tandis que le Nasdaq avance de 0,34%, à la faveur d’achats à bon compte. Les deux premiers indices sont affectés par les craintes sur la consommation qui représente plus des deux tiers de l’activité économique globale aux Etats-Unis.

Son indice (-1,9%) accuse l’une des plus fortes baisses du S&P-500 au lendemain du plongeon de 25% de Target, qui cède encore 4,1% jeudi. Walmart abandonne 2%, tandis que le distributeur Kohl’s, également affecté par la hausse des coûts, a plongé en séance de 11% avant de se redresser.

« Le segment de la consommation commence désormais à faiblir, ce qui renforce la perspective que nous nous dirigeons effectivement vers une récession », commente Randy Frederick, directeur du trading et des produits dérivés chez Charles Schwab.

Dans les hautes technologies, Cisco chute de 13,3% après avoir lui aussi abaissé sa prévision de croissance de chiffre d’affaires pour cette année en raison des restrictions sanitaires en Chine et de la guerre en Ukraine.

Certains poids lourds du secteur reculent encore à l’image d’Apple (-1,7%).

VALEURS EN EUROPE

Dans le sillage de la chute de Target, les distributeurs européens Tesco, Sainsbury et Carrefour ont abandonné de 0,8% à 4,1%.

Les groupes de grande consommation Nestlé et Unilever ont reflué respectivement 4,6% et 4,8% tandis que le compartiment des boissons et de l’alimentation et celui de la distribution ont cédé 3,6% et 1,9%.

Dans l’actualité des entreprises, EDF a reculé de 0,8% après une nouvelle révision à la baisse de sa prévision de production d’énergie nucléaire, ce qui se traduira par un impact d’environ 18,5 milliards d’euros sur son excédent brut d’exploitation.

Sur le SBF 120, Vallourec a perdu 1,5% après l’annonce de la suppression de près de 3.000 postes dans le monde, tandis qu’Elior a abandonné 4,8% à la suite d’une prise de participation minoritaire de Derichebourg (-14,3%) dans son capital, une opération jugée « surprenante » par les analystes de Portzamparc BNP Paribas.

Ailleurs en Europe, les résultats et perspectives de l’assureur italien Generali et du groupe de transport aérien EasyJet ont été bien accueillis.

LES INDICATEURS DU JOUR

L’enquête mensuelle de l’antenne locale de la Réserve fédérale américaine a montré que les conditions d’activité dans la région de Philadelphie s’étaient fortement dégradées​​​​​​​​​ en mai, avec un indice à 2,6, au plus bas depuis mai 2020.

Les inscriptions au chômage la semaine dernière aux Etats-Unis ont parallèlement augmenté plus vite que prévu, à 218.000.

TAUX

Le regain d’aversion au risque provoque une forte demande pour les obligations souveraines en Europe, faisant monter leurs prix et baisser leurs rendements.

Celui du Bund allemand à dix ans, référence sur le marché européen, repasse sous les 1%, refluant de 7,5 points de base à 0,939%. Aux Etats-Unis, le taux des Treasuries à dix ans cède 7,2 points à 2,8118% après avoir touché un creux de trois semaines à 2,792%.

CHANGES

Le dollar, qui avait enregistré d’importants gains dans les précédentes séances, recule jeudi de 0,93% face un panier de devises de référence malgré son statut d’actif refuge.

L’euro, en hausse de 1,14% à 1,0588 dollar, est soutenu par la perspective d’une politique monétaire plus agressive de la part de la BCE, les marchés tablant désormais sur un relèvement des taux d’environ 105 points de base d’ici la fin de l’année contre 95 points mardi.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est volatil, les investisseurs hésitant entre les craintes sur l’offre mondiale de brut et la perspective d’un ralentissement économique.

Le baril de Brent prend 0,8% à 109,94 dollars le baril et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grignote 0,06% à 109,7 dollars.

(Reportage Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)

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