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Les actions repartent à la baisse, inflation et taux de nouveau au premier plan

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mercredi et les Bourses européennes évoluent dans le rouge à mi-séance après le rebond technique entamé lundi qui laisse place désormais aux inquiétudes sur l’inflation, les taux d’intérêt et la conjoncture économique, des éléments qui pèsent sur les marchés d’actions depuis le début de l’année. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli de 1,05% pour le Dow Jones, de 1,24% pour le Standard & Poor’s 500 et de 1,38% pour le Nasdaq. Vers 11h25 GMT, le CAC 40 parisien abandonne 1,47% à 5.877,08 points et le Dax, à Francfort, recule de 1,75% à 13.055 points, les deux indices ayant touché en séance un creux depuis mars. À Londres, le FTSE perd 1,2%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reflue de 1,28% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,56. Le Stoxx 600, qui est tombé en séance à un plus bas depuis février 2021, cède 1,29%.

Face à une inflation galopante, plusieurs banques centrales dans le monde ont décidé d’accélérer leur resserrement monétaire au risque de plonger l’économie en récession.

Dans ce contexte, l’audition de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), devant le Sénat ce mercredi et la Chambre des représentants jeudi, est particulièrement attendu, alors que la banque centrale a relevé la semaine dernière ses taux d’intérêt de 75 points de base, la hausse la plus importante depuis 1994.

Les analystes de Goldman Sachs estiment désormais à 30% la probabilité d’une récession l’an prochain aux Etats-Unis contre 15% auparavant.

En France, la Banque de France a rabaissé mardi soir sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour cette année à 2,3% contre +3,4% précédemment et remonté parallèlement celle de l’inflation pour 2023 à 3,4% contre 1,9% précédemment.

En Grande-Bretagne, où la Banque d’Angleterre a porté la semaine dernière son taux directeur à 1,25%, l’inflation a atteint en mai 9,1% en rythme annuel, au plus haut depuis 40 ans, selon les statistiques publiées mercredi.

À WALL STREET

Les groupes pétroliers et parapétroliers reculent en avant-bourse à l’instar de Chevron, ExxonMobil, Occidental Petroleum, Schlumberger, Halliburton ou encore Baker Hughes, qui perdent de 3% à 5%, alors que Joe Biden veut suspendre la taxe fédérale sur l’essence aux Etats-Unis.

VALEURS EN EUROPE Le regain d’aversion au risque sur les marchés d’actions est également alimenté par les inquiétudes sur la demande qui pèsent principalement sur l’énergie (-2,56%), les ressources de base (-3,86%) et l’automobile (-2,21%), les trois secteurs affichant l’une des plus fortes baisses à la mi-séance en Europe.

Renault et Stellantis perdent respectivement 2,75% et 2,77%, tandis que TotalEnergies, BP et Shell se contractent de 1,77% à 2,90% dans le sillage de la chute des cours du pétrole.

ArcelorMittal et Thyssenkrupp plongent respectivement de 7,12% et de 8,18% alors que le compartiment des matières premières est affecté par la baisse des cours du nickel, de l’étain et de l’aluminium, ce dernier étant tombé à un creux depuis mars 2021 à 8.708 dollars la tonne. ArcelorMittal est en outre pénalisé par l’abaissement de recommandation de JPMorgan à « neutre » sur la valeur, tandis que le Tribunal de l’Union européenne a confirmé mercredi le veto antitrust de la Commission européenne imposé il y a trois ans au projet de fusion de Thyssenkrupp et Tata Steel.

Dans l’actualité des entreprises BASF abandonne 4,85%, le groupe chimiste allemand ayant annoncé redouter un probable ralentissement de l’activité au second semestre, tandis que Crédit Agricole perd 1,23% après l’annonce d’une politique de dividende inchangée malgré un objectif de bénéfice d’exploitation ambitieux à horizon 2025.

TAUX

Le regain d’aversion au risque provoque une forte demande pour les obligations souveraines en Europe, ce qui fait monter leurs prix et baisser leurs rendements. Le taux du Bund allemand à dix ans, qui a touché jeudi dernier un plus haut depuis janvier 2014 à 1,926%, abandonne plus de huit points de base à 1,678%. Son équivalent français de même échéance cède également environ huit points à 2,237%.

Parallèlement, l’écart de rendements entre les obligations allemandes, jugées plus sûres, et celles des pays périphériques à la zone euro se creuse : le « spread » entre le dix ans allemand et italien prend cinq points de base à 207, dans un contexte de risque politique accru en Italie, le responsable du Mouvement Cinq-Etoiles (M5S) et actuel ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio ayant annoncé son départ du parti populiste et la formation d’un nouveau groupe parlementaire.

Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a en outre déclaré que l’outil anti-fragmentation pour éviter un écartement trop important des rendements obligataires entre les pays du bloc, ne devait pas interférer avec la lutte contre l’inflation.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans fléchit également, de 8,5 points à 3,2201% en attendant le grand oral du président de la Fed.

CHANGES

L’aversion au risque et les anticipations de remontée rapide des taux de la Fed profitent au dollar, qui gagne 0,05% face à panier de devises de référence.

Le yen, qui a retrouvé un peu de couleur mercredi (+0,4%), évolue à un creux de 24 ans contre le billet vert aux alentours de 136, reflet des divergences de politique monétaire des deux banques centrales.

L’euro, pour sa part, quasiment stable, se traite à 1,0525 dollar, tandis que la livre sterling cède 0,26% à 1,224 face au billet vert après les chiffres de l’inflation britannique.

PÉTROLE

Les cours pétroliers sont affectés par le projet du président américain Joe Biden, qui va demander ce mercredi au Congrès de suspendre pour trois mois la taxe fédérale sur les carburants automobiles afin de limiter l’envolée des prix à la pompe, selon une source au sein de l’administration.

Le baril de Brent reflue de 3,79% à 110,31 dollars et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 4,33% à 104,78 dollars.

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

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