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Coronavirus : comment les chrétiens sans travail peuvent-ils se nourrir ? 

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La pandémie du coronavirus (Covid-19) touche durement le Pakistan. Dans ce contexte, comment les chrétiens sans travail peuvent-ils se nourrir ? 

Au Pakistan, le nombre des personnes contaminées par le coronavirus augmente sans cesse. Ce sont surtout les chiites qui sont tenus pour responsables de la pandémie. Le confinement a précipité d’innombrables ouvriers et journaliers dans la misère, dont Majeed Masih de Karachi, chrétien et père de cinq enfants. Dans la métropole sud-pakistanaise, les partenaires locaux de CSI distribuent des colis d’aliments aux victimes les plus pauvres de la crise provoquée par le coronavirus.

Comment va-t-il faire pour nourrir les siens ? Majeed Masih avec une partie de sa famille.

La pandémie chamboule la vie quotidienne des Pakistanais. Le 7 avril 2020, 4 004 personnes étaient contaminées par le coronavirus au Pakistan. Le 23 mars, l’armée a déjà imposé le confinement. Auparavant, le gouvernement avait voulu renoncer à cette mesure pour des raisons économiques.

La situation est de toute façon déjà instable dans ce pays peuplé d’environ 215 millions d’habitants, mais elle s’est fortement aggravée par la pandémie et ses conséquences. Aussi, les tensions religieuses ont-elles massivement augmenté dans ce pays majoritairement sunnite.

La communauté chiite comme bouc émissaire

Une grande partie des personnes contaminées par le coronavirus appartiennent à la minorité chiite des Hazaras, qui sont déjà particulièrement défavorisés ; ils habitent dans la province ouest-pakistanaise du Baloutchistan. De nombreuses personnes contaminées venaient de rentrer de pèlerinages en Iran et ont probablement importé et répandu le virus au Pakistan.

C’est pourquoi à Quetta, la capitale de la province, deux quartiers hazaras ont été entièrement bloqués. Les policiers qui appartenaient à l’ethnie hazara ont été suspendus de leurs fonctions. C’est surtout à travers les réseaux sociaux que les Hazaras chiites sont devenus les boucs émissaires de la propagation du coronavirus ; on y parle du « virus chiite ».

La prière du vendredi ou la colère de Dieu

De nombreux religieux musulmans radicaux ne respectent pas le confinement décrété. Ils refusent de limiter les prières dans les mosquées. Ils avertissent que la colère de Dieu serait plus grande encore si les prières du vendredi ne pouvaient pas avoir lieu comme d’habitude.

De par sa faible infrastructure et le système de santé en difficulté, le Pakistan n’est pas bien préparé à la pandémie actuelle. Beaucoup de médecins et d’infirmiers se sentent abandonnés par l’État. En signe de protestation, ils ne se sont pas rendus à leur travail et par conséquent, le service de santé continue à se détériorer.

Des conséquences dramatiques, surtout pour les minorités religieuses

Au Pakistan, comme dans d’autres pays, les conséquences économiques du confinement sont particulièrement dramatiques. Des millions de simples travailleurs et journaliers ont perdu leur travail. Ils sont à la maison dans leur minuscule habitation et ne savent pas quand ils pourront à nouveau trouver du travail.

Certes, le gouvernement pakistanais a promis de donner un soutien équivalent à 20 francs par mois à ces personnes gravement touchées. Mais comment l´État veut-il verser cette contribution financière qui, de toute façon, ne suffirait pas.

Il est vrai qu’au Pakistan, il existe de nombreuses initiatives caritatives qui s’occupent des couches de la population les plus pauvres. Mais lors de la distribution de nourriture, souvent ce ne sont que les musulmans qui en bénéficient, car ces initiatives sont organisées à travers les mosquées. Dans les quartiers où les chrétiens habitent, de telles actions de distribution ne sont même pas envisagées. La plupart des Églises n’ont tout simplement pas les moyens pour entretenir les fidèles nécessiteux.

La détresse de la famille Masih

Depuis le confinement, la famille chrétienne du journalier Majeed Masih comptant sept personnes se trouve également face à la misère, sans revenu. Majeed proposait ses services comme maçon dans la métropole de Karachi et se tenait chaque jour, avant le confinement, à un carrefour connu avec d’autres ouvriers. S’il avait beaucoup de chance, il trouvait du travail pour un ou plusieurs jours. Actuellement, c’est impossible. Déjà avant, il rentrait souvent le soir auprès de sa famille, les mains vides… Maintenant, il est chez lui, inquiet de ne pas pouvoir nourrir sa grande famille.

Les chrétiens pakistanais peuvent seulement entrer dans l’église pour prier.

Majeed et son épouse Margaret se font également beaucoup de soucis à propos de leurs cinq enfants qui, normalement, fréquentent tous l’école de CSI dans le bidonville de Karachi. Cependant à cause du confinement, l’école a dû fermer. Les enfants n’ont pas d’autre choix que de persévérer, eux aussi, dans leur petite habitation. Même la fille aînée Miriam dotée d’une voix magnifique ne peut plus aller chanter dans le chœur d’Église qu’elle aime tant.

Une aide pour les plus faibles

Les partenaires de CSI au Pakistan font tout leur possible pour atténuer la détresse des personnes les plus vulnérables. C’est pourquoi les responsables de l’école CSI à Karachi ont distribué des colis de nourriture à une centaine de familles gravement touchées qui n’ont plus de travail à cause des mesures prises contre le coronavirus. Les vivres devraient suffire pour deux semaines.

Un de nos partenaires, inquiet, nous a écrit il y a quelques jours : « C’est bientôt Pâques. Mais comment les personnes peuvent-elles se réjouir de la fête de la résurrection si elles n’ont même pas assez à manger ? » L’action de distribution CSI se fait précisément maintenant, avant Pâques, afin de donner une petite lueur d’espoir pour les victimes les plus touchées par la crise du coronavirus.

Reto Baliarda

Sources : Les partenaires CSI, uscirf, thenation.com.pk, anadolu agency

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