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Résurrection et sacrifice: le débat

En ce week-end pascal, les chrétiens du monde entier ont le regard tourné vers Golgotha où – parole d’Évangile – Jésus-Christ a donné sa vie sur la croix pour le salut de l’humanité. Si l’épisode n’est pas remis en question, les notions de sacrifice et de résurrection continuent de faire débat au sein du christianisme.

Jésus s’est-il sacrifié pour l’humanité en mourant sur la croix? Et comment interpréter sa résurrection qui, si elle peut être remise en doute dans sa forme physique, voit son sens et sa portée différemment interprétées selon les confessions et les sensibilités?

La notion de sacrifice et celle de résurrection sont en effet des écueils où s’achoppent depuis des millénaires des générations successives de théologiens. L’enjeu? Comprendre le message exprimés par éléments miraculeux et se l’approprier pour nos vies présentes. Tout d’abord, que faire du terme «sacrifice»? Pour le théologien vaudois Guy Lasserre, auteur du livre Les sacrifices dans l’Ancien Testament, «il ne faut en tout cas pas voir la mort de Jésus comme un sacrifice au sens de l’Ancien Testament ou à l’image des pratiques juives d’alors». Ce vocable a toutefois été utilisé par les premiers chrétiens «comme image pour interpréter la mort en croix du Christ, alors vécue comme un choc terrible», exprime le théologien.

Jésus, l’indispensable sacrifice

Cette référence serait-elle aujourd’hui devenue dépassée? Pour le théologien vaudois Christophe Chalamet, professeur à l’Université de Genève, au contraire, cette notion de sacrifice a encore bien des résonances avec l’actualité: «Dans sa tractation avec un djihadiste, l’officier de gendarmerie français Arnaud Beltrame, en se substituant à un otage au cours de l’attaque terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes, s’est sacrifié au nom de la solidarité. Même si ce geste demeure controversé, il serait dommage de voir le sacrifice du Christ comme quelque chose de désuet et qui n’aurait plus rien à nous dire aujourd’hui.»

Même son de cloches du côté du Vaudois Elio Jaillet, assistant en théologie systématique à l’Université de Genève, qui met en lien le «don de soi» avec l’allégorie biblique du Bon Berger, prêt à mourir pour son troupeau. De son côté, Guy Lasserre préfère y voir une expression de la communion entre Dieu et les croyants, ces derniers pouvant également offrir ou consacrer leur vie à Dieu. «En se laissant transformer par l’amour de Dieu, ils pourront rediriger cet amour vers les autres.»

 Mais pourquoi le Christ devait-il mourir? «Pour certains chrétiens, notamment chez les catholiques et les évangéliques, le sacrifice de Jésus permet à l’humanité d’atteindre le salut: « Quelque chose, dans la mort du Christ, nous redonne une unité »», résume Christophe Chalamet. «En effet pour une catégorie de croyants, Dieu doit être apaisé des péchés des hommes. Jésus étant resté dans l’obéissance jusqu’au bout, il satisfait ainsi Dieu en se présentant lui-même comme sacrificié.»

Ce n’est cependant pas la vision d’une partie dans la théologie réformée actuelle, comme le précise Christophe Chalamet, qui défend l’idée que «ce n’est pas Dieu qui a besoin d’être apaisé d’une potentielle colère, mais le monde qui a besoin d’être réconcilié avec Dieu. À travers ce sacrifice, Dieu manifeste son amour jusqu’au bout.» Pour l’universitaire genevois, «l’être humain a de la difficulté à consentir à cet amour inconditionnel et à cette relation que Dieu cherche à nouer avec lui. Grâce à la résurrection du Christ, où le Père vient relever le Fils par amour, Dieu se manifeste comme celui qui se tient à nos côtés, scellant ainsi une relation d’amour avec le monde.»

La résurrection, au-delà de la preuve

Et que dire de la résurrection? «La tradition chrétienne ne peut se passer de la résurrection du Christ pour comprendre qui est Jésus», formule Elio Jaillet. Résurrection physique ou seulement symbolique? «Si on s’occupe de savoir ce qui s’est précisément passé à ce moment, on risque d’en manquer le sens», ce que confirme Christophe Chalamet en ajoutant que «les mots nous manquent» lorsqu’on souhaite approcher le phénomène de la résurrection de trop près. «Pour la théologie réformée, il ne s’agit pas de prouver la résurrection physique, mais d’insister sur les lunettes qu’elle offre pour la compréhension de nos réalités humaines», insiste Elio Jaillet. Et d’asséner: «Ce qui importe, n’est pas la résurrection en soi, mais plutôt de croire que Jésus est le Ressuscité, et qu’il est possible pour tout un chacun de le rencontrer.»

Tous les croyants ne bâtissent en effet pas leur confiance sur le même socle. «Certains chrétiens fondent leur espoir en la résurrection sur la «réalité» du tombeau vide, présente Guy Lasserre, d’autres, sur la conviction des premiers chrétiens qui se sont mis en route et ont propagé la bonne nouvelle.» C’est-à-dire, poursuit le pasteur, que «la résurrection de Jésus atteste que sa mort sur la croix est chemin de vie. Ce chemin vers Dieu, qui peut être le nôtre, ne s’arrête pas dans la mort.»

Pour Christophe Chalamet également, «la résurrection n’est pas le simple retour à la vie d’un cadavre, mais bien l’accession à une autre dimension de la vie. L’Esprit vient insuffler la vie, la renouveler ici et maintenant déjà.»

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