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Raphael Warnock, le pasteur à qui Joe Biden doit la majorité démocrate au Sénat

Premier sénateur noir de la Géorgie, cette figure de la gauche religieuse d’Atlanta rêve de transformer la «Bible Belt» conservatrice en nouveau bastion progressiste.
C’est en partie sur ses épaules que repose la réussite de la future présidence Biden. Le 5 janvier, toute l’Amérique avait les yeux tournés vers le score électoral du pasteur Raphael Warnock, candidat à la sénatoriale en Géorgie. Si Jon Ossoff, l’autre démocrate en lice, et lui parviennent à battre leurs adversaires républicains, les deux hommes pourraient alors contribuer à faire basculer le Sénat actuellement aux mains des républicains.

Un scénario rêvé pour le président élu Joe Biden qui redoute aujourd’hui le pouvoir de blocage du Grand Old Party. Alors que les démocrates contrôlent la Chambre des représentants, les républicains majoritaires au sein de la Chambre haute peuvent faire obstacle aux lois qui seront portées par le futur président américain en matière de réforme de l’assurance santé, de réchauffement climatique ou d’économie.

«C’est une sacrée pression pour Raphael Warnock. Tout le pays a les yeux rivés sur nous en Géorgie », assure le révérend Nichole Phillips, professeure à l’école de théologie Candler de l’université Emory à Atlanta et spécialiste des Églises noires américaines.

Le vote démocrate des Afro-Américains

Avant même que cette élection ne se transforme en un scrutin à enjeu national, le défi que s’était fixé Raphael Warnock était déjà bien ambitieux: à 51 ans, cette figure de la gauche religieuse d’Atlanta s’est lancée dans la course aux sénatoriales avec le rêve de transformer la Bible Belt conservatrice du sud des États-Unis en un nouveau bastion progressiste.

Un pari qui aurait pu paraître fou il y a dix ans, mais qui est aujourd’hui beaucoup plus atteignable, tant le paysage électoral s’est transformé en Géorgie ces dernières années: dans cet État au passé ségrégationniste, dont un tiers des habitants sont noirs et près de 10% d’origine hispanique, les minorités et les jeunes, jusqu’ici peu engagés politiquement, s’inscrivent désormais en masse sur les listes électorales, remontés contre les violences policières, les inégalités économiques et la montée du racisme sous la présidence de Donald Trump.

Pasteur, un atout en politique ?

Ces problèmes, Raphael Warnock, qui a grandi à Savannah dans un logement social entouré de onze frères et sœurs, les connaît bien. « Alors que mes parents étaient pasteurs, la police n’hésitait pas à nous arrêter arbitrairement dans la rue et à nous fouiller au corps puis à nous relâcher, sans aucune excuse», a‑t-il raconté récemment lors d’un rassemblement électoral dans son Peach State natal. «Aujourd’hui, plusieurs décennies plus tard, les prisons américaines abritent à elles seules 25% de la population carcérale du monde. Il faut que cela cesse», estime le candidat, qui milite entre autres pour une réforme de la police et du système judiciaire. «L’histoire de son frère Keith», condamné à de la prison à vie après avoir commis un délit non-violent lié à une affaire de drogue en 1997, «a fortement influencé son combat» dans ce domaine, rappelle Greg Bluestein, journaliste au quotidien The Atlanta Journal-Constitution.

Pour gagner, Raphael Warnock et ses soutiens misent beaucoup sur son parcours religieux et sur son charisme de leader spirituel. Avec ses petites lunettes carrées sans monture, ses costumes impeccables et sa barbe soignée, ce pasteur afro-américain cultive jusque dans l’arène politique un look à la fois classique et élégant, très populaire parmi certains pasteurs-stars aux États-Unis.

Héritier de Martin Luther King

Le fait qu’il prêche à l’église baptiste Ebenezer d’Atlanta, où officiait Martin Luther King il y a plus d’un demi-siècle, est aussi un « avantage de taille, note Nichole Phillips. Même s’il n’a pas lui-même connu les années 1960, il se présente aujourd’hui comme l’héritier de Luther King. Pour l’électorat noir, sa candidature illustre la force des Églises afro-américaines aux États-Unis», estime-t-elle.

Ses adversaires républicains, eux, voient dans son engagement à gauche une trahison des valeurs chrétiennes et patriotiques de l’Amérique.Tout au long de la campagne, le pasteur, soutenu notamment par le sénateur socialiste Bernie Sanders, a fait l’objet de violentes attaques en raison notamment de ses positions pro-choix ou encore de propos antimilitaristes qu’il aurait tenus dans un sermon en 2011.

« Ce n’est pas très étonnant que la foi et l’Église de Raphael Warnock soient prises pour cibles aujourd’hui», note Nichole Phillips. Les premiers sénateurs afro-américains aux États-Unis étaient, comme lui, issus d’Églises noires. Pour les conservateurs, ce sont des lieux d’influence capables de menacer leur pouvoir.»

Ces responsables religieux qui siègent au Congrès

Aux États-Unis, le pasteur Raphael Warnock n’est pas le premier leader spirituel américain à pénétrer dans l’arène politique. Rien qu’en 2020, six autres pasteurs se sont portés candidats au Congrès. Selon le Pew Research Center, il n’existe pas vraiment de décompte du nombre de responsables religieux ayant siégé à la chambre des représentants et au Sénat. Mais on sait tout de même qu’au cours des deux derniers siècles, la totalité d’entre eux étaient des chrétiens. Tous quasiment étaient protestants à l’exception de deux prêtres catholiques.

En 1789, le premier Congrès des États-Unis comptait six ministres du culte. Le pasteur luthérien Frederick Muhlenberg fut même le tout premier président de la Chambre des représentants. Aujourd’hui, la majorité des Américains estiment toutefois que religion et politique ne devraient pas être mélangées. Selon un sondage réalisé en 2019 par le Pew Research Forum, 63% des Américains affirment que les congrégations religieuses devraient rester en dehors du débat politique.

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