Chrétiens d'Irak

Témoignage de deux chrétiens face à la terreur de l’État islamique

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Deux chrétiens qui vivent aujourd’hui à Erbil où ils se sont réfugiés après s’être enfuis de Mossoul, ont vécu pendant plus de deux ans dans la terreur de l’État islamique. Retour sur le témoignage d’Ismail, 15 ans, et de Jandark Behnam Mansour Nassi, sa mère.

Après la prise de contrôle de Bartella par l’État islamique,   Ismail et sa mère qui habitaient cette ville irakienne située dans la plaine de Ninive ont tenté de s’enfuir mais ont été pillés par les djihadistes, capturés puis emmené à Mossoul.

« J’avais très peur », explique la mère d’Ismaïl  à l’AED (Aide à l’Eglise en détresse), un organisme qui soutient dans le monde les chrétiens faisant face à des difficultés  et persécutés.

« Nos noms ont été enregistrés, et nous n’avions aucune idée de l’endroit où nous étions et de ce qui nous arriverait. Nous étions complètement coupés du monde extérieur. Peu de temps après, nous avons reçu l’autorisation de retourner à Bartella, mais à un poste de contrôle, on a exigé que nous nous convertissions à l’islam et quand nous avons refusé, nous avons été battus. Mon fils a été jeté en prison. Il n’avait que quatorze ans. »

Ismaïl raconte alors qu’il a été emmené dans la prison de Bartella, où il a vu un chiite être abattu sous ses propres yeux. Il raconte à l’AED, qu’après cet assassinat, les terroristes l’ont menacé en lui disant :

« si tu ne te convertis pas à l’islam, nous t’abattrons aussi. C’est alors que je me suis converti à l’islam. Dès lors, nous avons caché que nous étions chrétiens », rajoute-t-il encore.

Après sa conversion forcée à l’islam,  Ismaïl a été libéré et a reçu un document stipulant que lui et sa mère étaient musulmans. S’ils pouvaient alors se déplacer dans la rue à Mossoul, l’insécurité était très grande. Un jour, en effet, Ismaïl a été frappé parce que son pantalon était trop long.

Ismaïl raconte aussi qu’un autre jour, la route a été bloquée, et qu’il a vu un groupe d’enfants de l’Etat islamique équipés d’armes à feu abbattre des hommes en combinaison orange. Une autre fois, il a assisté, impuissant à la lapidation en pleine rue d’une femme qui avait les mains et pieds liés. Les supplications de ses proches dans la foule n’ont servi à rien.

« Daech a forcé mon fils à pratiquer l’islam et j’ai été torturée parce que j’ignorais tout de l’islam et du Coran », raconte sa mère Jandark. « Oui, je suis honteux d’avoir été obligé de professer l’islam », affirme Ismail.

Contraint de se laisser pousser les cheveux et la barge, Ismaïl a aussi été forcé de prier à la mosquée. Les personnes qui marchaient dans la rue pendant la prière du vendredi étaient rouées de coups.

Un jour, parce que les militants de Daech ont découvert le collier d’Ismaïl avec la croix, un signe qu’il était chrétien, il a été battu, a dû étudier le Coran pendant un mois. Il était frappé à chaque fois qu’il ne répondait pas à leurs questions comme ils l’exigeaient. Sa mère a, quant à elle, été piquée avec de longues aiguilles parce qu’elle n’avait pas étudié le Coran.

Avec le début de la libération de la Plaine de Ninive Ismaïl et sa mère ont réussi à fuir à Erbil,dans la région autonome du Kurdistan irakien.

Depuis le déclenchement de la crise en août 2014, L’AED a agit sur le terrain en mettant différentes actions en place : cet organisme a notamment soutenu les réfugiés chrétiens à Bagdad et Erbil, lancé un programme d’aide alimentaire pour les familles déplacées de la plaine de Ninive dont près de 13 000 familles bénéficient. Ils ont également offert un logement pour environ 1000 familles chrétiennes déplacées au Kurdistan.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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