Science et religion

Vers de nouvelles révélations sur Jésus par les « codex jordaniens » ?

  | 

Un livre de plomb découvert en 2008 dont l’authenticité aurait été scientifiquement prouvée pourrait offrir des informations inédites sur Jésus et l’histoire du christianisme. Les experts, notamment des chrétiens évangéliques, continuent cependant à voir dans ces  pages de plomb  reliées des faux.

Le livre de plomb, qui contient des « pages » en plomb (nommées codex) maintenues ensemble par une reliure à anneaux, fait référence à Jésus et à certains de ses disciples.

Selon les dernières études scientifiques, il pourrait avoir été écrit il y a  2000 ans, et deviendrait le livre le plus ancien à faire mention de la vie de Jésus.

Il contient notamment une sculpture considérée par les scientifiques comme étant celle du visage de Jésus mais également certains mots et des symboles révélant des détails sur l’origine du christianisme et du judaïsme. Sur la première page, on peu voir des étoiles à huit branches, connues pour être le symbole de l’arrivée du Messie. Le contenu parle explicitement de Jésus et de ses disciples, Pierre, Jean et Jacques.

Selon  David et Jennifer Elkington, des défenseurs de l’authenticité des codex jordaniens,  les livres suggèrent que Jésus faisait partie d’une secte hébraïque qui prônait la renaissance d’une ancienne tradition juive religieuse millénaire de l’époque du roi David, qui adorait dans le Temple de Salomon et croyait en un Dieu masculin et féminin

Pour les experts qui défendent son authenticité, le livre de plomb pourrait offrir de nouvelles informations sur la vie de Jésus-Christ.

Les universitaires continuent cependant à être divisés quant à l’authenticité de ces tablettes mais ils déclarent que si c’était vérifié, les codex jordaniens pourraient  s’avérer aussi essentiels que la découverte des manuscrits de la mer Morte en 1947. Parmi ceux qui refusent l’authenticité de ce document, il y a un certain nombre d’universitaires et des chrétiens évangéliques, comme le montre la chronologie de la découverte et de l’analyse de ces tablettes ci-dessous.

Historique de la découverte et de l’analyse des « codex jordaniens »

C’est en  2008 qu’un bédouin jordanien aurait découvert ce livre  de plomb dans une grotte au Nord de la Jordanie, connue comme un lieu de refuge pour les chrétiens qui ont fui la chute de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ. Le trésor aurait ensuite été acquis par Hasan Saeda, un bédouin israélien, qui l’aurait illégalement passé en contrebande à travers la frontière en Israël, où ils sont restés.

Dès 2009, David et Jennifer Elkington, que le Département des Antiquités d’Amman leur a soumis pour des essais, font campagne pour que le codex soit reconnu comme un vrai et soit protégé, mais toutes les tentatives de la science pour prouver l’authenticité de ce livre ancien resteront vaines.

En 2011, cette découverte est révélée dans les pages de la BBC par David Elkington, un érudit britannique d’histoire religieuse ancienne et d’archéologie, et l’un des rares à avoir examiné les livres. Les médias s’emparent alors de la nouvelle et la diffusent largement.

En 2011, deux échantillons sont envoyés un laboratoire en Angleterre où ils sont examinés par Peter Northover, chef du groupe d’archéologie scientifique travaillant sur les matériaux. Le verdict n’est pas concluant sans étude supplémentaire, mais ce chercheur affirme que la composition est «compatible avec une gamme de plomb ancien.

Rapidement, face au manque de preuves et au contenu de ce livre, un certains nombre d’universitaires mais également de chrétiens évangéliques le considèrent comme étant une contrefaçon, ce que déplorent David et Jennifer Elkington qui sont convaincus de son authenticité.

Il faut attendre 2016 pour que les résultats de nouvelles recherches remettent à l’ordre du jour le livre de plomb.

Afin de déterminer son authenticité, les physiciens Roger Webb et Chris Jeynes de l’université de Surrey conduisent une étude sur le sujet. Grâce à des techniques récentes de datation, d’analyse du plomb et de la corrosion, à la traduction des mots et des symboles utilisés, les scientifiques parviennent à la conclusion que ce livre aurait été écrit il y a 2000 ans, proche de la période où Jésus exerçait son ministère.

« Les études du texte et des dessins [tout comme les tests de datation] suggèrent un âge d’environ 2000 ans« , expliquent les chercheurs.

Preuve supplémentaire qu’il aurait pu être écrit à cette époque, les experts parviennent à déterminer que l’alliage de plomb de la tablette est identique à la composition d’une ancienne plaque romaine de la même période. Les tests réalisés par le Professeur Roger Webb et le Professeur Chris Jeynes au Laboratoire Nodus de l’Université de Surrey au Ion Beam Centre suggèrent en effet que la tablette est compatible avec un échantillon comparatif d’anciens plombs romains découverts dans un site de fouilles du Dorset.

En outre, l’analyse isotopique exclut que la tablette puisse avoir été fabriquée au XXe ou au XXIe siècle. Les codex testés «ne montrent pas la radioactivité découlant du polonium qui est généralement observée dans les échantillons de plomb modernes, indiquant que le plomb du codex a été fondu il y a plus de cent ans».

Une autre analyse de cristallisation indique que le livre de plomb est susceptible d’être écrit entre 1800-200.

La perspective que les tablettes reliées puissent contenir des récits contemporains des dernières années de la vie de Jésus a enthousiasmé bien des chercheurs  mais  leur enthousiasme a été tempéré par le fait que de nombreux scientifiques ont décelé, de nombreuses fois,  des faux sophistiqués.

Alors, vrai ou faux ? Chacun se fera son opinion, mais seules des analyses supplémentaires qui permettront d’y voir plus clair.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.